Histoire

Personnages et évènements historiques liés au château

882

Le puissant château fort de Hierges fut bâti, en 882 lors de la remontée de la Meuse par les Normands. La seigneurie de Hierges contrôla alors le trafic fluvial. Le nom d’origine était « Le château de Jérusalem ».

952-971

Godefroid 1er Le Captif ou le Vieux de Verdun (Ardennes). La maison de Hierges faisait, semble t’il, partie en 952 des biens de la Maison d’Ardenne. À l’époque des croisades, la forteresse de Hierges est rattachée à la Principauté de Liège.

971-1028

Herman de Verdun (Ardennes) et ensuite comte de Namur.

1069

Ide de Boulogne, mère de Godefroid de Bouillon confie la défense de la seigneurie de Hierges en fief au châtelain de Bouillon, Héribrand de Saussure.

1110-1177

Son petit-fils Manassès de Hierges est appelé en Palestine en 1140 par sa cousine Mélissande, veuve de Foulque d’Anjou, roi de Jérusalem. Il y devint connétable du Royaume de Jérusalem et tenta vainement de reprendre Edesse aux musulmans.

  • 24/06/1148 : conseil de guerre. Le roi de France et l’empereur germanique rassemblent les grands seigneurs de la croisade. Manassès de Hierges y assista.
  • 1152 : Manassès est chassé par Baudouin III. Il retourne à Hierges avec un fragment de la vraie croix.
  • 1155 : L’empereur Frédéric Barberousse confirme l’appartenance du fief de Hierges à l’évêque de Liège.

?-1114

Héribrand 1er de Hierges

1152- ?

Héribrand II de Hierges

1187-1208

Albert II de Hierges, par ailleurs évêque de Verdun.

?-1214

Henri de Hierges.

?-1219

Gilles 1er de Hierges.
Gille 1er, fils d’Henri de Hierges et frère d’Eve de Hierges, mourut en 1219. N’ayant pas de descendance, son fief fut transmis à son neveu Gilles II.

1219-1263

Gilles II de Hierges était le fils de Gobert d’Orbais et d’Eve de Hierges. Gilles II héritera d’autres fiefs par son beau-père.
Gilles II, seigneur de Hierges, épousa la fille du seigneur de Bazeilles en 1230. Par son mariage avec Aélis, il aura Sedan, Balan et Bazeilles.
Par ce mariage, Gilles II devint plus influent. Il intervint également en tant que médiateur dans plusieurs conflits entre l’archevêque de Reims et le prince de Liège.
Gilles II décéda en 1263, n’ayant pas de descendance, les terres allèrent à Gérard IV de Jauche.

1263-1293

Gérard IV de Jauche est le fils de Gérard III de Jauche dit de Mastaing de Jauche. Il est seigneur de Jauche, de Baudour. Il est fait seigneur en 1263 de Hierges et de Sedan à la mort de son oncle Gilles II de Hierges.
Sous Gérard IV de Jauche éclate un conflit entre Liège et le Brabant. Or Gérard IV est seigneur de Jauche, donc vassal du Duc de Brabant et seigneur de Hierges et comme tel, vassal du prince évêque. Il prit fait et cause pour le Brabant. Il devenait dès lors félon pour le prince évêque Henri de Gueldre dont les troupes, en 1268, attaquèrent, prirent et brûlèrent Hierges. Par après, Gérard IV fit sa soumission, recouvra sa seigneurie et reconstruisit le château.

1293-1372

Gilles Ier de Jauche succède à son frère Gérard IV mort sans héritier.

1372-1401

Gilles II de Jauche, fils de Gilles Ier, cède son droit de chasse dans ses forêts aux paysans de son fief de Hierges (ce qui indique un besoin d’argent).
Vers 1388, Gilles II fut prisonnier du duc de Gueldre. Il dût payer une rançon. La terre de Hierges fut hypothéquée pour aider à payer une partie.

1401-1416

Son fils, Jacques de Jauche, accorde aux manants de Doische le droit de construire un four en leur maison (suppression du four banal féodal).

1416-1551

Après Jacques de Jauche, il y a contestation pour l’héritage de la seigneurie de Hierges entre Jacques de Corswarem, fils de Jeanne de Jauche et Louis Rolin d’Aymeries (époux de Gilette de Berlaymont (fille d’Alix de Jauche).
Le conflit menaçait la paix des manants qui ne savaient plus à qui obéir et payer les impôts. La cause fut jugée en 1520 entre Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas et le Prince Evêque de Liège.
Louis Rolin d’Aymeries l’emporte.
(1) Louis est de la même famille que Nicolas Rolin, chancelier de Philippe le Bon, duc de Bourgogne durant quarante ans.
(2) Le fait que ce soit Louis Rolin d’Aymeries qui devint seigneur de Hierges (et non Jacques de Corswarem) fut une étincelle, selon l’historien Gonzague Saint Bris qui aurait pu entraîner un conflit entre François 1er et Charles-Quint.

1551

Gillette de Berlaymont meurt ayant constitué Charles de Berlaymont comme légataire universel.
La Baronnie de Hierges va rester un siècle dans la famille de Berlaymont.

1551-1578

Baron Charles de Berlaymont.
Fidèle et puissant serviteur de Charles-Quint et de Philippe II qui exerça des fonctions importantes :

  • Chef des finances de Marguerite de Parme au début du règne de Philippe II d’Espagne
  • Gouverneur et souverain bailli de Namur (1554)
  • Chevalier de la Toison d’Or en 1555
  • Gouverneur des Pays-Bas.
  • Membre du Conseil des Troubles sous le Duc d’Albe.
  • Il fut témoin des développements du protestantisme dans les Pays-Bas.
  • Il est créé Baron de Hierges en récompense des services rendus.
  • Commandant de la forteresse de Charlemont à Givet.

À la mort de Charles de Berlaymont, en 1578, alors qu’il était gouverneur de Namur, Don Juan d’Autriche, demi-frère du roi d’Espagne, lui fit célébrer de magnifiques funérailles en cette ville où se préparait une offensive contre les troupes des Etats-Généraux.

27 juin 1557

Les troupes françaises aux ordres du Roi Henri II, incendièrent le château de Hierges.

1560 Le château de Hierges est reconstruit en demeure d’agrément par Charles de Berlaymont, tout en conservant quelques éléments défensifs (ouvertures pour armes à feu).

1578-1627

Florent de Berlaymont, sixième fils de Charles, commença sa carrière comme chanoine-tréfoncier, titre indépendant de la prêtrise, de la cathédrale de Liège. Il adopta ensuite définitivement la carrière militaire et politique. Il hérita de tous les titres et honneurs de ses frères aînés, morts sans laisser d’enfants. Nommé Gouverneur de Namur et de l’Artois, puis Gouverneur et Capitaine-général du Pays et Duché de Luxembourg et Comté de Chiny, il sera doyen des Chevaliers de la Toison d’Or.

Il fonda le 25 mai 1627, de concert avec sa 2de femme (Marguerite de Lalaing), une congrégation de chanoinesses régulières, selon la règle de saint Augustin (le Couvent des Dames de Berlaymont). L’inauguration se fit avec pompe, par l’archevêque de Malines, en présence de l’infante Isabelle. Cette fondation, qui avait pour but l’éducation de jeunes filles, s’est perpétuée jusqu’à ce jour. L’institution a déménagé près de Waterloo et son emplacement initial a vu s’ériger le siège de la commission européenne dénommé « le Berlaymont ».
Ils eurent deux filles, Marie-Marguerite et Isabelle-Claire.

1572-1579

L’église de Hierges a été construite entre 1572 à 1579 à l’initiative de Gilles de Berlaymont (le frère de Florent et châtelain de Beauraing).

1626

Marie-Marguerite de Berlaymont hérite de Hierges. Elle épousa Louis, comte d Egmont, lequel devient seigneur de Hierges.

1680 à 1697

Hierges devient français de 1680 à 1697, sous Louis XIV, puis il fut rendu à Liège.

20 novembre 1749

Le fils de Guy Félix d’Egmont vendit par acte notarié le domaine de Hierges au Comte Léonard de la Barre d’Erquelinnes pour 370.000 livres.

1749

Cette vente est contestée par une action en retrait « lignager » par la mère et le frère du Comte Guy Félix d’Egmont (une vente immobilière pouvait être cassée par des proche parents du vendeur).
Ce retrait lignager se fit en faveur du Duc Charles Léopold D’Arenberg.

1750-1820

Le château appartient au Duc Louis Engelbert d’Arenberg, un aristocrate richissime qui demeure le plus souvent à Bruxelles. Malheureusement il est aveugle suite à un accident de chasse. Ses affaires sont dirigées par un nommé Gendebien, avocat originaire de Givet. Gendebien a confié la gouvernance du château de Hierges à Philippe Licot, son gendre, fils cadet d’un maître de forges de Nismes.
Les communs sont aménagés dans les anciennes écuries et le pigeonnier est construit.

24 mai 1772

Après de multiples démêlés entre le roi de France et l’évêque de Liège, le Traité dit des limites est conclu. La France cède Hermeton, Gochenée, Heer, Romerée, Senzeilles mais le prince évêque admet le partage de Hierges. C’est alors que passent à la France les villages de Hierges, Foische, Han et Aubrive. Des bornes frontières qui servent d’ailleurs encore aujourd’hui portent sur deux faces opposées : France d’un côté, Liège de l’autre.
On retrouve une de ces bornes dans le parc actuel du château.

1792

Le château est assailli en 1792 par les révolutionnaires.

18 novembre 1793

Le château est incendié par le prévôt du duc d’Aremberg (Philippe Licot). Ce dernier a lui-même organisé l’incendie car on apprendra quelques années plus tard que sa gestion du domaine de Hierges était plus fructueuse pour lui que pour le Duc d’Arenberg. Il détournait de grosses sommes d’argent. L’incendie fait disparaitre les traces de ses comptes.

1841

Les Aremberg restèrent propriétaire de Hierges jusqu’à ce qu’une princesse de ce nom épousa en 1841 Jean-Baptiste d’Aldobrandini. Puis le château passa par mariage au Lancelotti.
Une grande partie de la façade du grand quartier, pourtant restée debout après l’incendie de 1793, s’écroule dans les années 1880. Les villageois en profitent pour récupérer des pierres, cheminées, etc…

?-1918

Une princesse Lancelotti, descendante des Aremberg vend le château en 1918.

1918-1931

La Société Immobilière Berheim de Paris rachète le château et s’empresse d’en morceler les terres en vue de les lotir.

1931-1972

Jacques Pirenne rachète le château de Hierges en 1931. Il est un universitaire, historien du droit et égyptologue belge.
Il fut le secrétaire du Roi des Belges au moment de la Question royale. Par son intermédiaire, le Roi Léopold III put ainsi, en toute discrétion, rencontrer à plusieurs reprises son fils Baudouin en terrain neutre au château de Hierges, lequel, il faut rappeler se situe juste à la frontière belge en territoire français.

1980

Les ruines du château ont été classées « monument historique » par arrêté du 30 décembre 1980, l’ancien commun et le colombier ont été inscrits comme « monument historique » par arrêté de la même date.

1972-1988

Après le décès à Hierges de Jacques Pirenne, le château est hérité par ses deux fils, lesquels cherchent à vendre le domaine.

1988-2014

Didier de Witte de Haelen (haut fonctionnaire de la toute nouvelle région bruxelloise) rachète le château en 1988. Il réaménagera les communs à la fin du XXe siècle. De même, il embellit le parc et redonne vie aux fontaines et bassins. Il obtiendra en 1989 conjointement avec Monsieur Bourgeois (maire du village de Hierges de l’époque), un prix du Ministre de la Culture Jacques Toubon, en récompense de ses efforts pour l’éclairage nocturne du château.
Avant la fin de sa vie, il prit la décision d’ouvrir le château au public.
Il lègue le château à son neveu Serge de Witte de Haelen.

Chronologie tirée de l’ouvrage de Georges Antoine « Entre Sambre et Meuse Liégeoise,
Terres de Hierges, Pays et diocèse de Liège.

Lire aussi François 1er et la Renaissance de Gonzague de Saint Bris aux éditions Télémaque, page 213.