Descendants de Louis-Charles Bruno de Witte

Descendants de Louis-Charles Bruno de Witte (Matanzas 1822 – Ixelles 1899) et de la Baronne Elisa du Jardin (1829-1919)

1° Léon de Witte de Haelen

Léon Alphonse Ernest Bruno de Witte de Haelen, né le 12 janvier 1857 à Ixelles et mort le 15 juillet 1933 à Meer (Anvers).

Quand il était encore enfant, le petit Léon reçut de son grand-père le baron Aldephonse du Jardin la lettre suivante datée du 1er janvier 1865 (en réponse aux souhaits de Nouvel – an que lui avait adressé son petit-fils) : « tes parents me disent qu’ils sont contents de toi. Moi je te dis que tu feras un jour honneur à ton grand-père ».

Aldephonse du Jardin ne se trompait pas, car le jeune enfant devint plus tard le lieutenant-général Léon de Witte, qui au commandement de la division de cavalerie de l’armée belge tint tête à l’armée allemande lors de l’invasion d’août 1914. Avec l’aide de sa division, il facilita la retraite des héroïques défenseurs de Liège, d’abord vers Anvers, puis vers l’Yser, où il contribua à la glorieuse résistance de l’armée belge. Il s’illustra tout particulièrement le 12 août 1914 à Halen, où opérant avec sa division renforcée par une brigade d’infanterie, il arrêta la première vague des envahisseurs lancés dans la plaine en direction de Paris, après le difficile passage de la Meuse dans le goulot d’étranglement fortifié de Liège. Il contint ainsi les dernières charges téméraires des cavaliers allemands enivrés par leur triomphe de 1870. L’état major prussien dut alors réviser ses plans d’attaques et l’avance de ses troupes, qui se devaient d’être foudroyantes, fut enlisée pour finir par s’enliser dans la bataille de la Marne.

Le jeune Léon de Witte, devenu le lieutenant-général baron de Witte de Haelen, s’était donc montré digne de son remarquable aïeul.

Les casques argentés abandonnés sur le champ de bataille de Halen par les cavaliers allemands vaincus servirent de trophées aux Belges, et vaudront à cette bataille le surnom de « bataille des casques d’argent ».
Grâce aux efforts de l’un des petits-fils du Général (Didier de Witte de Haelen (1933-2014) et d’une famille de Halen (Famille Stroobant), le Musée des Casques d’Argent a été créé pour garder en mémoire la dernière bataille de cavalerie du monde occidental.

Vous pouvez accéder au site internet du Musée http://www.slagderzilverenhelmen.be

Il obtint le 15 novembre 1921 du roi Albert Ier de Belgique la concession du titre de baron transmissible par ordre de primogéniture masculine et par A.R. du 15 octobre 1928 l’autorisation de faire suivre son nom de celui de Haelen, pour son courage et honorer sa victoire contre les troupes allemandes lors de la Bataille des Casques d’argent à Haelen. Il était Officier de l’ordre de la Couronne, Grand Cordon de l’Ordre de Léopold et de nombreuses distinctions honorifiques belges et étrangères.

Carrière

Il entre à l’école militaire en 1874 dans la section des armes spéciales. Il fut promu sous-lieutenant 1878. Il demande son transfert vers la cavalerie en 1880 et y fut nommé sous-lieutenant au 2e chasseurs à cheval.
Il obtient son brevet d’état-major en 1887 et devient de 1906 à 1910, chef du corps du 1er régiment des guides.
Il prit le commandement de la 2e brigade de cavalerie de 1910 à 1913 et de la division de cavalerie nouvellement créée qu’il garda jusqu’à la fin de la première guerre mondiale.
En août 1914, 6 jours avant la bataille de Haelen, au cours de laquelle il dirigera les forces belges, il est promu lieutenant-général.

En 1915, il fut également nommé inspecteur-général de la cavalerie, poste qu’il occupa jusqu’en 1919.

6 juillet 1893, Léon de Witte assiste au Mariage du Roi Georges V avec Mary de Teck.

13 avril 1915 : audience auprès de Son Altesse Impériale le Tsar Nicolas II de Russie.

Le Général écrit :
A 9 h 45, nous nous embarquons en train spécial, au pavillon particulier de S.M. l’Empereur, à la gare de TsarskoÏe-Sélo, avec le Ministre de Belgique. Après une heure de trajet, nous descendons de train au pavillon Impérial de Tsarskoïe-Sélo, d’où nous sommes conduits en voiture au petit palais.

TsarskoÏe-Sélo : le palais préféré de Nicolas II (le salon rouge).

Le Comte de Buisseret me fait l’honneur de me présenter à sa Majesté Impériale, qui veut bien m’exprimer « Sa plus vive admiration pour le peuple et l’armée belges, ainsi que pour les glorieux Souverains qui ont donné à la nation, de si beaux exemples d’héroïsme et d’abnégation ».

« Je m’incline profondément, ajoute l’Empereur, devant le geste superbe de votre Roi, qui vient de faire de son fils, un soldat ».

L’impression que produit l’empereur de toutes les Russies sur ceux auxquels il est donné de l’approcher, est, avant tout, d’une infinie douceur ; le regard clair et lumineux, reflète la bonté et la grandeur d’âme ; l’accueil est d’une simplicité, d’une cordialité qui émeuvent à l’extrême ; immédiatement on se sent sous le charme, et j’éprouve pour ma part, le sentiment très net qu’un soldat doit être heureux et fier de donner sa vie, pour une aussi noble incarnation de la Patrie et du Drapeau.

Après quelques minutes d’un entretien exempt de toute espèce d’entrave d’ordre protocolaire, Sa Majesté fit introduire auprès d’elle, les autres membres de la mission belge, et, successivement, trouva pour chacun d’eux, quelques paroles aimables appropriées aux circonstances du moment. Elle daigna nous donner rendez-vous au quartier-général du Grand Duc Nicolas, généralissime de Ses armées, où Elle comptait aller passer incessamment quelques jours.

A 11h.50, nous reprenions le même train, qui nous ramenait à Pétrograd.

Général de Witte
Une Mission belge à la Cour de Russiez et au Quartier-Général du Grand Duc Nicolas Nicolaïevitch en 1915.

17 avril 1915 audience auprès de S.M. l’Impératrice douairière Marie Féodorovna, veuve du tsar Alexandre III.

Le Général écrit
A 10 heures, la mission à l’honneur d’être reçue au palais Anitchkov, par S.M. l’Impératrice douairière Marie Féodorovna, veuve du tsar Alexandre III.

Je suis d’abord introduit seul auprès de Sa Majesté , et, ce qui me frappe immédiatement, c’est l’extrême ressemblance de traits et de constitution existant entre l’Empereur Nicolas II et son Auguste Mère. Celle-ci daigne m’inviter à prendre place à sa dextre, sur un sopha dont Elle a été jusqu’à se lever pour me recevoir, et je ne tarde pas à me trouver sous le charme des qualités de simplicité et de cordialité qui m’avaient déjà captivé chez le Fils, bien que chez la Mère, l’énergie latente abritée par ces qualités, apparaisse peut-être davantage encore, s’il peut m’être permis d’ainsi parler. Cette énergie se fera jour surtout (….) Sa Majesté s’entretient avec nous des ennemis de nos Patries respectives, dont elle a été une des premières, en Russie, à redouter le perfidie, et qu’Elle apprécie à leur exacte valeur, depuis près de quarante ans.
Général de Witte
Une Mission belge à la Cour de Russie et au Quartier-Général du Grand Duc Nicolas Nicolaïevitch en 1915.

1er juin 1915 : audience auprès de S.S. le Pape Benoît XV.

Le Général écrit :
Il nous est donné d’être reçus au Palais du Vatican, par Sa Sainteté, qui daigne nous accorder Sa bénédiction Apostolique pour notre Patrie bien-aimée et nos familles. La situation actuelle de la Galicie au point de vue confessionnel, semble préoccuper le Pape Benoît XV beaucoup plus que celle de l’infortunée Belgique, et nous emportons le regret de ne pas emporter l’impression que le Souverain Pontife apprécie à son exacte valeur, la justesse de la cause défendue par les Alliés. Nous en sommes d’autant plus attristés, que nous recueillons, par ailleurs, des preuves irrécusables de l’admiration unanime qu’a suscitée, en Italie comme en Russie, l’héroïque attitude de nos souverains et de notre nation.

Le mercredi 2 juin, j’offre aux personnels de nos deux légations, au Grand Hôtel, où nous sommes descendus, un dîner.

Général de Witte
Une Mission belge à la Cour de Russie et au Quartier-Général du Grand Duc Nicolas Nicolaïevitch en 1915.

Le nom du Général a été donné :

1° A la Caserne des Guides, devenue caserne de la Police fédérale de Belgique située sur le boulevard Général Jacques à Etterbeek (sur les boulevards Général Jacques et Louis Schmidt).

2° A plusieurs rues dont
– une à Bruxelles (celle qui borde le petit-château du côté droit);
– une à Malines (Generaal de Wittestraat);
– une à Halen (Generaal de Wittestraat).

Décorations

  • Grand Cordon de l’Ordre de Léopold avec Palme,
  • Grand Officier de l’Ordre de la Couronne avec Palme
  • Croix de Guerre 1914-1918 belge et française avec Palme
  • Médaille de la Victoire
  • Croix Militaire de 1re Classe
  • Commandeur de l’Ordre de la Légion d’Honneur
  • Médaille commémorative de la guerre 1914-1918
  • Commandeur de l’Ordre du Double Dragon de Chine
  • Grand Croix de l’Ordre de Sainte-Anne avec Glaives de Russie
  • Grand Croix de l’Ordre de l’Épée de Suède
  • Grand Officier de l’Ordre du Bain de Grande-Bretagne
  • Commandeur de l’Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare d’Italie
  • Commandeur de l’Ordre du Lion et du Soleil de Perse

https://fr.wikipedia.org/wiki/Léon_de_Witte_de_Haelen

Léon de Witte fut l’auteur de plusieurs études parmi lesquelles :

– Situation de la Belgique en prévision d’un conflit Franco-Germain (Ed Albert Dewit 1911).
– Une Mission Belge à la Cour de Russie et au Quartier-Général du Grand Duc Nicolas Nicolaïevitch en 1915 (Ed Albert Dewit 1920).
– Le système défensif de la Belgique de l’avenir (conférence donnée le 11 décembre 1919).
– Haelen – 12 août 1914 (conférence donnée le 15 avril 1920).
– Un Aspect Militaire de l’Affaire von der Lancken en 1917 (Ed Albert Dewit 1921).
– Le plan ce campagne rationnel de l’armée belge (conférence donnée les 13 et 14 mai 1921).
– Encore Haelen (Ed Albert Dewit 1921).
– Mouvement flamand et Mouvement Néerlandais (Ed Maurice Lamertin 1922).
– Le Problème militaire belge (La Revue Belge du 15 février 1925).
– Les Désiderata Politiques d’un Vieux Soldat ou le Songe d’une Nuit d’Automne (collection politique 1925).
– Le Problème de notre défense Nationale (Ed Albert Dewit 1927).

Sa devise « Je défendrai jusqu’à mon dernier souffle la Patrie et le Drapeau.

Il refusa les obsèques nationales. Ses obsèques furent célébrées à l’église Sainte-Croix d’Ixelles.

Les plus hauts représentants de l’Etat y assistèrent. De nombreux articles furent publiés après ses obsèques et ce, venant de toute la presse belge et d’un grand nombre de journaux internationaux (toutes les coupures ont été rassemblées dans un classeur).

Il épousa Berthe Lysen (1863-1917). Celle-ci décéda 16 ans avant son mari.
Berthe était la fille de Louis Lysen (1835-1908) et de Clémentine van den Bergh (1840-1933).
Ses parents étaient propriétaire du château de Maxburg à Meer (province d’Anvers).
Elle donna naissance à 11 enfants dont huit filles et trois garçons.

La mère de Berthe Lysen s’appelait Clémentine van den Bergh. La sœur de Clémentine s’appelait Henriette. Cette dernière eut deux garcons : Oscar et Fritz.

La sœur de Clémentine épousa un riche industriel allemand (Emile Mayer). On raconte qu’à une époque de leur vie, Henriette et son mari, suite à des successions diverses, possédaient pas moins de cinq château (dont le château de Hof ter Linden).

A la mort de leur père, les deux garçons héritèrent d’une importante fortune. Fritz Mayer van den Bergh (1858-1901 – le neveu donc de Clémentine et cousin germain de Berthe Lysen) est devenu célèbre grâce à ses investissements judicieux dans l’art.

Fritz était en effet un collectionneur passionné par l’art et comme tout visionnaire, il était en avance sur son temps. Il avait un flair pour les œuvres qui ne suscitaient pas d’intérêt à l’époque et jouissent aujourd’hui d’une appréciation universelle. Son intérêt se portait surtout sur l’art des Pays-Bas de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance (du XIVe au XVIe siècle), avec une prédilection pour Bruegel.

Portrait de Fritz van den Bergh par Joseph Janssens.

Fritz Mayer van den Bergh est mort prématurément d’un accident de cheval. Après son décès, sa mère, Henriette Mayer van den Bergh (1838-1920) (1) a fait construire un musée de style néo-gothique pour y abriter les collections de son fils. La maison patricienne, le rêve de son fils, rappelle le siècle d’or anversois. D’innombrables peintures, sculptures, tapisseries, dessins, vitraux, etc. ont trouvé dans cet édifice un lieu d’accueil définitif dans un style harmonieux qui ressuscite l’époque du collectionneur.
Elle réalisa ainsi le rêve de son fils. Ce Musée est maintenant le 2d Musée le plus important d’Anvers après le Musée Rubens.
http://www.museummayervandenbergh.be/nl/pagina/moeder-henriette-van-den-bergh

2) Edouard de Witte de Nokere (1858-1934).
Marié à Antoinette Jespers (1856 – 1934).
De ce mariage :
Alfred de Witte de Nokere (1880-1935).

Edouard Alphonse Louis Bruno de Witte reçu en 1932 l’autorisation d’ajouter les mots « de
Nokere » à son nom de famille.
Il fut commissaire d’arrondissement et épousa Antoinette Jespers.
Il était le propriétaire du Château de Nokere.

Château de NOKERE

Son fils : Alfred de Witte de Nokere (1880-1935)
Se marie avec Paddy Légeret.
De ce mariage : pas d’enfant.

Alfred fut Bourgmestre de Nokere.